Denis-Pierrefitte, le désarmement promis de la police municipale sera "progressif" et commencera par les LBD, selon le nouveau maire LFI Bally Bagayoko

Bally Bagayoko était l'invité des "4V" sur France 2. Elu dès le premier tour à la tête d'une commune de 150 000 habitants, il est revenu sur son ambition d'incarner une "nouvelle France", sur son projet de faire de sa ville un laboratoire politique pour LFI, ainsi que sur ses positions en matière…

Denis-Pierrefitte, le désarmement promis de la police municipale sera "progressif" et commencera par les LBD, selon le nouveau maire LFI Bally Bagayoko
Denis-Pierrefitte, le désarmement promis de la police municipale sera "progressif" et commencera par les LBD, selon le nouveau maire LFI Bally Bagayoko Photo: France Info

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Bally Bagayoko était l'invité des "4V" sur France 2.

Elu dès le premier tour à la tête d'une commune de 150 000 habitants, il est revenu sur son ambition d'incarner une "nouvelle France", sur son projet de faire de sa ville un laboratoire politique pour LFI, ainsi que sur ses positions en matière de sécurité, notamment la question du désarmement de la police municipale.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus.

Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Gilles Bornstein : Vous êtes l'un des visages, l'une des révélations de ces élections municipales.

Vous êtes aujourd'hui la personnalité insoumise exerçant les responsabilités les plus importantes à la tête de cette ville, la municipalité de Saint-Denis-Pierrefitte, qui compte 150 000 habitants.

Vous avez été élu dès le premier tour et vous avez déclaré vouloir incarner la "nouvelle France".

Que signifie cette expression ?

Bally Bagayoko : La "nouvelle France", c'est, au fond, celle qui ne demande plus à être reconnue comme pleinement française.

Elle est composée d'enfants de la République ayant grandi dans les quartiers populaires, souvent stigmatisés, souvent relégués, mais qui, loin de se plaindre, n'ont cessé de travailler.

Cette réalité est visible à Saint-Denis, mais aussi dans le Val-d'Oise et plus largement dans de nombreux territoires, notamment en Seine-Saint-Denis.

C'est cette dynamique qui constitue aujourd'hui une véritable étincelle.

Elle s'incarne dans des visages, dans des luttes, et, depuis mars 2026, dans une volonté assumée de prendre des responsabilités.

Voilà ce qu'est, pour moi, cette "nouvelle France".

S'agit-il d'une France de communautés qui conservent leurs particularismes, ou de citoyens appelés à se fondre dans un ensemble commun, celui de la République ?

Nous sommes pleinement et entièrement dans la République et nous sommes la République.

Liberté, égalité, fraternité : nous y sommes, d'ailleurs, bien plus fidèles que ne le sont les tenants du Rassemblement national.

Nous assumons ce que nous sommes : des héritiers à la fois de l'immigration et du monde ouvrier, avec des parcours singuliers et des parents qui ont beaucoup apporté à la France.

C'est pourquoi nous revendiquons cette expression de "nouvelle France".

Il ne s'agit pas d'une nouveauté en soi, car nous existons depuis longtemps.

Ce qui est nouveau, en revanche, c'est une dynamique désormais pleinement assumée : celle d'enfants de la République qui ressemblent à la France telle qu'elle est, diverse, métissée, et qui n'attendent plus qu'on leur confie des responsabilités, mais les prennent.

Vous avez également affirmé vouloir faire de Saint-Denis la "capitale de l'insoumission".

Que signifie cette ambition ?

Est-ce un laboratoire de ce que pourrait être l'exercice du pouvoir par La France insoumise à l'échelle nationale ?

Très clairement, oui.

Saint-Denis et Pierrefitte doivent jouer ce rôle.

Et je tiens d'ailleurs à vous remercier de ne pas oublier Pierrefitte : je suis le maire des deux communes.

Je souhaite que ce territoire devienne le point de départ d'une nouvelle dynamique appelée à rayonner à l'échelle nationale.

C'est un modèle que nous devons construire, un modèle enraciné à la fois dans les luttes ouvrières historiques et dans l'histoire migratoire de ce territoire.

L'objectif est donc que, lors d'une future campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon puisse s'appuyer sur des exemples concrets, comme Saint-Denis ou Roubaix ?

Exactement.

Le lien avec Roubaix est très concret : c'est aussi un territoire ouvrier, récemment remporté par David Guiraud, que je rencontrerai d'ailleurs prochainement.

C'est cela, cette "nouvelle France" et cette nouvelle dynamique.

Il faut désormais s'appuyer sur l'élan des élections municipales pour préparer la prochaine échéance présidentielle.

Dans votre programme, vous évoquez le désarmement de la police municipale.

Est-ce toujours votre intention ?

N'est-ce pas un risque pour les agents ?

J'ai rencontré récemment l'ensemble des policiers municipaux pour leur exprimer ma reconnaissance.

Nous allons entrer dans un processus de désarmement, mais ce n'est pas une mesure immédiate.

Lorsque je parle de désarmement, je pense d'abord aux lanceurs de balles de défense (LBD), qui sont des armes difficilement contrôlables et aux conséquences parfois dramatiques.

Les armes à feu, pour l'instant, nous les gardons, avec un processus de désarmement.

Ca, ça passe d'abord pour la définition d'une doctrine.

Nous y allons piano piano.

Nous sommes pragmatiques : on ne gère pas une ville de 150 000 habitants comme une ville de 2 ou 3 000 habitants.

Avant 2020, la police municipale n'était pas armée.

De nombreux maires de banlieue affirment qu'une police municipale non armée rend le recrutement très difficile, en raison des risques.

Partagez-vous ce constat ?

Dès lors, n'y a-t-il pas une contradiction entre cette difficulté de recrutement et votre volonté de désarmer ?

Il faut distinguer deux choses.

D'une part, il ne s'agit pas de céder à une logique purement sécuritaire.

La preuve : l'ancien maire, qui avait fortement investi dans cette approche près de 20 millions d'euros, soit une part considérable du budget, a été battu.

Cela montre que les électeurs ne se laissent pas convaincre uniquement par une politique sécuritaire.

Ils attendent aussi des réponses à une urgence sociale.

Nous devons donc traiter les deux aspects : répondre à l'urgence sociale et maintenir une police municipale de proximité, avec des effectifs préservés.

Le désarmement, lui, s'inscrit dans un processus progressif, et non dans une décision immédiate.

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