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Le parti dirigé par Bruno Retailleau réunit un bureau politique mardi pour dresser un bilan des élections municipales de 2026 et se projeter vers la présidentielle.
Battre le fer tant qu'il est chaud.
Les Républicains réunissent un bureau politique, mardi 24 mars, lors duquel le président du parti de droite, Bruno Retailleau, analysera les résultats des élections municipales 2026.
L'occasion aussi de se projeter vers l'élection présidentielle en présentant les conclusions du groupe de travail qu'il a mis en place pour l'organisation de primaires.
Dans un communiqué publié dimanche soir, Les Républicains ont revendiqué la victoire dans 638 villes sur les 1 107 communes de plus de 9 000 habitants en jeu.
"Les Républicains et leurs alliés ont remporté le plus grand nombre de voix et le plus grand nombre d'élus, consolidant ainsi leur position de première force politique locale de France" , se félicite le parti de droite.
Résultats du 2d tour des municipales : visualisez les gagnants et les perdants du scrutin
Comment expliquer ce succès ?
Les Républicains peuvent-ils en tirer des conclusions en vue de l'élection présidentielle ?
"La lecture du scrutin est complexe au niveau national.
La droite peut gagner en étant désunie dans certaines communes, d'autres fois en étant rassemblée , analyse-t-on dans l'entourage de Bruno Retailleau.
Dans certaines communes, l'alliance avec les partis macronistes fonctionne ; dans d'autres elle est un repoussoir."
"Il peut y avoir mille recettes.
Le problème, c'est que pour la présidentielle, il n'y en aura qu'une seule qui fonctionnera." Un proche de Bruno Retailleau à franceinfo
La première raison de ce succès des Républicains est l'implantation des candidats.
"Les gens n'ont pas complètement abandonné l'idée de confier les clés de leurs collectivités là où il y a une personne sérieuse qu'ils connaissent" , commente l'entourage de Bruno Retailleau.
"Moi j'ai senti pendant cette campagne une vraie envie des citoyens de ne pas politiser le scrutin" , témoigne Stéphanie von Euw, réélue dès le premier tour à Pontoise (Val-d'Oise).
"Dans ces conditions, ça a favorisé les sortants, et comme beaucoup étaient LR, ça nous a favorisés" , explique-t-elle, refusant une interprétation dégagiste du scrutin.
"A une heure de Paris, il y a un magnifique pays qui s'appelle la France" , plaisante Jonas Haddad, porte-parole des Républicains, façon de ne pas s'arrêter à la nette défaite de Rachida Dati dans la capitale .
"On a le réseau et on a le maillage" , ajoute-t-il.
L'implantation locale a pu jouer là où le candidat de droite affrontait un candidat d'une alliance de gauche comportant des insoumis.
Dans ce cas de figure, l'électorat du Rassemblement national s'est reporté sur Les Républicains, quand bien même un candidat d'extrême droite était présent au second tour.
C'est le cas à Limoges, où le RN perd cinq points par rapport au premier tour, à Brest, où il recule de six points, et à Clermont-Ferrand, où il atteint presque huit points de moins, permettant à chaque fois de reprendre la ville à la gauche .
"Ce sont des éléments qui rassurent.
Les LR mobilisent face à une gauche qui peut faire peur " estime Eddy Vautrin-Dumain, sondeur pour le groupe Verian.
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Visualisez l'échec des fusions et des alliances à gauche
"Pour une fois, on a eu la gauche la plus bête du monde face à nous.
Elle est allée se jeter directement dans la gueule du loup Mélenchon.
On peut lui dire merci !" , ironise Stéphanie von Euw.
"Notre victoire hier s'explique par un double mouvement.
On a le mouvement traditionnel de conservation de nos territoires et un mouvement de contexte avec la mise en place d'un front républicain contre l'extrême gauche" , résume Jonas Haddad.
Des barrages contre les insoumis ?
Le parti de droite deviendrait le meilleur rempart contre La France insoumise ?
"Je suis assez réservé sur l'idée de LFI comme un vote repoussoir" , tempère le politologue Olivier Rouquan.
"Là où il y a la bascule dans les villes conquises sur la gauche, l'une des raisons est aussi l'usure du maire socialiste sortant, comme à Brest par exemple" , poursuit le chercheur.
Matthieu Gallard, directeur d'études à Ipsos-BVA, adopte la même prudence.
"Il y a eu, sans doute une peur des fusions entre le PS et LFI car les électorats du centre jusqu'à l'extrême droite sont allés sur l'option opposée.
Mais ça aurait été un candidat Renaissance, ça se serait probablement fait de la même manière" , poursuit le sondeur.
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Visualisez les résultats des alliances et des fusions à droite
Ce nouveau "front républicain" contre LFI, comme le définit LR, peut-il préfigurer ce que Bruno Retailleau appelle "l'union des droites dans les urnes" et qu'il présente comme une alternative à une alliance entre partis de droite et d'extrême droite qui dans sa configuration maximale comprendrait LR, le RN, l'UDR et Reconquête ?
L'union des droites sur la table
Le mouvement inverse a eu lieu à Nice, où l'électorat traditionnel des Républicains s'est tourné vers l'ancien président du parti de droite, Eric Ciotti, désormais allié de Marine Le Pen, plutôt que vers Christian Estrosi, soutenu officiellement par LR même si Bruno Retailleau a pris ses distances dans l'entre-deux-tours.
En tout cas, lundi matin, pour son premier déplacement comme nouveau maire, Eric Ciotti a lancé un nouvel appel à ses anciens camarades : "L'avenir, c'est nous.
C'est l'union, c'est l'alliance, c'est l'alternance" , a-t-il déclaré devant les journalistes.
"Nice est une exception, car à Toulon, c'est la droite qui a battu le RN" , fait remarquer Jonas Haddad.
"Sur l'arc méditerranéen, on voit que les LR ne sont pas absorbés par le RN et qu'ils peuvent encore remporter des villes.
Ça signifie qu'il y a une résistance notable au RN" , analyse le politologue Olivier Rouquan.
Dans d'autres zones géographiques, les rares alliances entre des candidats RN et LR n'ont pas permis la victoire, comme à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne).
"L'alliance entre LFI et le PS nous donne la preuve éclatante de ce que nous ne devons pas faire avec le RN." Stéphanie von Euw, maire LR de Pontoise à franceinfo
Ces élections municipales vont-elles permettre de trancher les débats récurrents au sein des Républicains sur cette union des droites et d'établir une stratégie pour la présidentielle ?
Matthieu Gallard reste sceptique.
"L'électorat de droite est favorable à des alliances aussi bien avec le RN qu'avec la macronie, prêt à des alliances à sa droite ou à son centre.
On n'est pas du tout sur un électorat LR homogène" , estime le sondeur .
Mardi 24 mars, le parti de droite doit dévoiler la question qui sera posée aux adhérents sur l'organisation éventuelle d'une primaire pour la présidentielle.
Les partisans d'une telle consultation sont montés au créneau lundi, appelant à l'union au sein du bloc central.
"Partout où on a gagné on était unis et on a fait campagne sur le projet.
Si c'est la guerre des ego à droite et au centre et on sera pulvérisés et éliminés" , a prévenu Valérie Pécresse sur RTL .
"La leçon fondamentale de ces municipales, c'est que quand on est divisé, on a perdu" , a aussi estimé Laurent Wauquiez sur TF1 .
Le rival malheureux de Bruno Retailleau à la présidence du parti relance de son côté sa proposition d'une primaire qui inclurait la zemmouriste Sarah Knafo.
Mais cette perspective rebute une partie des Républicains.
"La droite républicaine a vocation à s'arrêter à la frontière avec l'extrême droite" , a réagi Florence Portelli, largement réélue à Taverny (Val-d'Oise), sur France Inter .
Rien de nouveau dans le parti.
"Ces élections municipales ne vont pas tout dire ce que sera l'élection présidentielle car les dynamiques sont différentes" , résume Jonas Haddad.
"Mais notre rampe de lancement, nous on l'a" , poursuit-il, optimiste.
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